Fumigènes et jeux de lumière sur fond de heavy metal grassouillet... Pour leur premier combat en terre chablaisienne, les catcheurs ont sorti l'artillerie lourde, samedi. Le cadre est modeste. Au boulodrome de Vouvry, on est loin des arènes américaines où s'empilent des milliers d'amateurs de testostérone. A peine une petite soixantaine de curieux ont fait le déplacement. Qu'à cela ne tienne, les gladiateurs en short moulant étaient là pour mettre l'ambiance.
A leur tête, The Reverend, actuel champion suisse de la discipline. Menaces et provoc: le garçon joue son rôle à fond. Les premières insultes fusent dans le public: «T'aurais dû faire danseuse étoile!» lance ce fin connaisseur de ballet.
Coups de pied, de poing, ou de coude: rien n'est trop vicieux pour occasionner quelques bleus à son adversaire. B-52, beau bébé argentin de 135 kilos, et l'Anglais Adrian Jonathans, 105 kilos, sont là pour le prouver. Deux jeunes catcheuses font également montre de leur fureur, preuve que les filles ont aussi leur place dans ce monde de brutes protéinées.
Combats de qualité
Malgré le côté très «chorégraphié» des combats, le public apprécie. Rogerio se dit «surpris en bien. Même si je m'attendais quand même à assister à des combats de qualité. » Le Montheysan est un habitué de ce sport, qu'il suit assidûment à la télévision. «On n'est pas très loin du catch américain. Certaines prises sont différentes, mais l'esprit est bien là. »
Blaise, lui, est venu en curieux découvrir une discipline qu'il connaît mal. «J'ai vu quelques matches à la TV. On sait qu'ils ne tapent pas vraiment. Mais ça reste des athlètes complets. Il y a un gros travail de préparation. » Son amie est plus dubitative. «Ça ne m'a pas plus. Je préfère largement voir de vrais arts martiaux. »
Pas de doute, il y a encore du boulot pour que le catch soit reconnu de tous. Qu'importe: samedi, les amateurs n'ont pas boudé leur plaisir.
D. G.



